© Galerie Hauser & Wirth - Frank Bowling - Paris
Frank Bowling - Collage - du 22 mars au 24 mai 2025
Galerie Hauser & Wirth
26 bis rue François 1er
75008 Paris
https://www.hauserwirth.com
« Frank Bowling. Collage », la première exposition personnelle de l’artiste en France, s’intéresse à sa pratique du collage en tant qu’outil à la fois conceptuel et technique. Cette exposition rassemble des oeuvres réalisées depuis le début des années 2000 jusqu’à aujourd’hui — de fait, à l’âge de 91 ans, Bowling continue de peindre quotidiennement.
L’exposition s’articule autour de quatre nouvelles peintures monumentales, présentées dans la galerie du rez-de-chaussée. Ces oeuvres de grand format, dont l’impressionnante « Skid » (2023) de 4,4 mètres de haut, composées de plusieurs panneaux, renouvellent son usage des toiles collées et du marouflage, des techniques qui occupent depuis longtemps une place importante dans son processus artistique.
L’attirance de Bowling pour le collage s’inspire en partie des découpages d’Henri Matisse, qu’il découvre pour la première fois à la fin des années 1950, puis à nouveau lors de la rétrospective organisée par le MoMA à New York en 1992. Dans un article paru dans le numéro d’hiver 1999 de « Modern Painters », Bowling est invité à réfléchir sur sa carrière et à sélectionner une oeuvre ayant profondément nourri, voire transformé sa vision artistique. Il choisit « L’escargot » (1953) de Matisse, dont il rend hommage à travers plusieurs de ses collages qui font directement référence au motif en spirale, notamment « Back to Snail » (2000).
Les premières expériences conceptuelles de Bowling avec le collage se retrouvent dans ses créations dès les années 1960. En évoquant ses ambitions matérielles, il explique : « Je voulais marier tous ces éléments disparates – la couleur, le maniérisme, le lieu où l’on peint, ce fandango de styles – pour composer une oeuvre puissante qui rassemble des aspects de la peinture, de la sculpture et de l’architecture [...] s’associant pour former quelque chose de nouveau ».
Les oeuvres sélectionnées pour cette exposition témoignent également de l’évolution de l’intégration d’objets trouvés dans la pratique de Bowling. Depuis les années 1980, divers matériaux, tels que des jouets d’enfants ou du matériel médical, ont été incorporés dans ses peintures. Dans « Skid », par exemple, on distingue des fragments découpés dans un sac en plastique médical, un tube en relief, des ficelles et des bandes de toile détachées.
Ces éléments, extraits d’un quotidien spécifique, offrent un premier point d’accès à l’oeuvre, tout en portant une signification personnelle pour Bowling, dessinant ainsi une sorte de document autobiographique. Ces objets, intégrés directement à la surface plane de l’image avec la fluidité translucide du gel acrylique et de la peinture, rompent et jaillissent de la toile. « J’ai envie d’y jeter des détritus et de les regarder nager avant qu’ils ne se fixent », confie Bowling, « cela me donne l’impression d’avoir une vue d’ensemble sur ce que j’ai traversé dans ma vie ».