© Kamel Mennour Gallery


Gaston Chaissac - Mille visages  avec Otto Freundlich, Petrit Halilaj, Camille Henrot & Matthew Lutz-Kinoy - du 04 juin au 19 juillet 2025

Galerie Kamel Mennour
28 avenue Matignon & 47 rue Saint-André-des-Arts
Paris

www.mennour.com

Mennour présente sa première exposition consacrée à la dernière période de l’œuvre de Gaston Chaissac (1910-1964), artiste « outsider » positionné entre l’art moderne et l’art contemporain, qui se revendiquait « artiste, poète et paysan ».

À la catégorie « art brut » dans laquelle ses œuvres ont trop facilement été incluses en raison de leur spontanéité candide, de leurs formes simples et de leurs couleurs vives, Chaissac a préféré le terme de « peinture rustique moderne ». À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce « peintre de village » se positionne définitivement face à une scène artistique parisienne jugée trop intellectuelle et coupée d’une liberté formelle que seule la vie dans la « campagne dépeuplée » permet. C’est donc à l’abri du centre que l’œuvre de Chaissac s’est développée, à la fois en marge et dans la reconnaissance de ses pairs. Pour Otto Freundlich, qui lui ouvre les portes de son atelier parisien en 1937 et l’encourage, avec son épouse Jeanne Kosnick-Kloss, à peindre : « un maître est né ». Jean Dubuffet tente en vain de l’inclure dans sa définition de l’art brut et le couple d’artistes Albert Gleizes et Juliette Roche le soutient. Bien qu’il ait été célébré par une communauté d’avant-garde, il est devenu célèbre assez tard dans sa vie car son œuvre était différente de celle des artistes de son époque.

Chaissac s’attache à rompre avec le geste virtuose du peintre, en choisissant plutôt une sorte de maladresse assumée : les contours ne sont pas figés, délimitant des aplats de couleur plus ou moins irréguliers. De ces formes géométriques émergent des visages souriants, des têtes sans corps et sans genre, des figures humaines indistinctes qui rappellent les dessins d’enfants, et leur capacité à rendre perceptibles, en quelques lignes, des émotions primaires comme la joie et le plaisir. Ses peintures semblent provenir d’une certaine abstraction par un jeu de formes qu’il crée, dans la peinture et dans les collages de papier peint, jusqu’à ce qu’un visage apparaisse – plus rarement des fragments d’un corps – comme ce phénomène de paréidolie qui semble montrer quelque chose de familier dans des formes aléatoires.

Ses peintures semblent provenir d’une certaine abstraction par un jeu de formes qu’il crée, dans la peinture et dans les collages de papier peint, jusqu’à ce qu’un visage apparaisse – plus rarement des fragments d’un corps – comme ce phénomène de paréidolie qui semble montrer quelque chose de familier dans des formes aléatoires.

L’anthropomorphisme des œuvres de Chaissac se profile dans ses peintures mais aussi sur ses masques et totems, réalisés avec un joyeux assemblage improvisé de planches de bois sur des morceaux de fer récupérés ou des seaux d’étain aplatis sur lesquels il peint ; Des matériaux humbles empruntés au monde de l’artisanat rural et qui conservent les traces d’un usage antérieur, avec ses accidents et ses bosses. De cette manière de représenter l’humanité avec une économie formelle de moyens que l’on pourrait qualifier d’enfantine ou de poésie rustique, Chaissac construit une mythologie moderne peuplée de figures excentriques. À l’instar de Chaissac, les œuvres de Petrit Halilaj, Camille Henrot et Matthew Lutz-Kinoy, trois artistes de la galerie pour qui l’enfance et la condition humaine sont des sources d’inspiration essentielles, mettent en contrepoint son extraordinaire modernité.

— Christian Alandete, commissaire de l’exposition

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